Avec « Graffeuses », Élise Clerc et Audrey Derquenne ont voulu rendre un hommage à celles qui pratiquent en France le graffiti pur. Des années 1980 à aujourd’hui, découvrez 47 filles du graffiti…

Graffeuses : la place des femmes dans le graffiti

L’art urbain, et plus encore le graffiti, sont des milieux essentiellement masculins où les femmes sont en minorité et la plupart du temps, mises à part au sein du mouvement. Elles doivent faire face à de nombreux clichés tels que courir moins vite, être une balance, ne pas avoir de technique… Et un simple « pas mal pour une fille ! » est un compliment récurrent.

Autant de préjugés que les auteures, graffeuses elles-mêmes, ont décidé de mettre à mal en allant recueillir auprès de leurs consœurs, une parole brute qui raconte à la fois une expérience personnelle et une passion partagée pour cette discipline exigeante. Quatre hommes ont également participé à l’aventure, livrant en direct leur vision du graffiti version « filles ».

Au travers des centaines de photographies présentées ici, le style, qu’il soit revendiqué féminin ou asexué, illustre qu’il n’existe pas de graffiti « féminin » qui utiliserait d’autres codes avec certaines couleurs ou formes ! Leur style, qu’il soit revendiqué féminin ou pas, illustre un même amour pour les lettres et leurs infinies possibilités graphiques. De quoi dresser le portrait, en multi-facettes, d’une production artistique trop méconnue et qu’il était grand temps de mettre en lumière.

Élise Clerc et Audrey Derquenne, ex-graffeuses

Les deux auteures de cet ouvrage très documenté sont elles-mêmes d’ex-graffeuses.

Elise Clerc, 37 ans, ex-graffeuse à Paris durant les années 2000. En 2008, elle a collaboré à la mise en page d’un livre de photos présentant son crew de graffiti (ADK), édité chez « Graff It Productions ». Elle réside dans les Yvelines.

Audrey Derquenne, 27 ans, graffeuse depuis 2007, est originaire de Lille. Active en France et là où son travail l’emmène : La Réunion, Nouvelle Calédonie, Guyane (où elle travaille actuellement).

Elles se sont rencontrées autour du projet initié par Elise : dresser un portrait, en multi-facettes, de trois décennies d’une production artistique, riche et variée, trop méconnue. Forte de leur connaissance du milieu, elles ont pu aller à la rencontre des artistes et les interroger en toute liberté et franchise.

Graffeuses, portraits illustrés

Les quarante-sept filles présentées dans ces pages travaillent essentiellement sur les lettres, leur dynamique, leur tracé, l’art de les mettre ensemble.

A travers un portrait très complet et illustré de chacune d’elles, vous pourrez découvrir leur travail mais également pourquoi elles ont choisi le graffiti, quelles ont été les rencontres décisives, qu’est-ce qui les inspire, quels sont leurs meilleurs et pires souvenirs ou encore, quels sont leurs rapports avec les autres graffeuses et graffeurs.

Les bombes au sol, percées, vidées
Sur le béton, dégradé violet
Mais à présent, créativement
Femme ou homme, est-ce important ? – ROUSSEBARBE

Elles ont également donné la parole à quelques graffeurs pour comprendre quelle est LEUR vision des femmes dans le graffiti. En sont sortis les 4 textes introductifs de CAPDORIGINE, ROUSSEBARBE, VINCENT LA FUITE et MULDEE ADK.

Enfin, plusieurs « portraits » de graffeuse se terminent par une playlist… Tiens ça ressemble à mes « conclusions musicales » ça !! Ca ne pouvait donc que me plaire.

Et donc, maintenant mon petit rituel avec la conclusion musicale. Une courte citation dans le livre m’a inspirée…